CBD et cellules cancéreuses : ce que dit la recherche

le cbd et les cellules cancéreuses

Le CBD peut-il influencer les cellules cancéreuses ?

Selon une étude publiée en 2021 dans le BMJ Case Reports,  une patiente atteinte d’un cancer du poumon a refusé la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie en raison de leur mauvaise tolérance. Sans en informer ses médecins, elle a choisi de s’auto-administrer de l’huile de cannabidiol (CBD) par voie orale, 2 à 3 fois par jour. Des imageries médicales ont montré une réduction progressive de la taille de sa tumeur qui est passée de 41 mm à 10 mm sur une période de 2 ans.
Des études antérieures n’ont pas abouti à un consensus sur l’efficacité des cannabinoïdes en tant que traitement anticancéreux, mais ce cas suggère un bénéfice potentiel de l’huile de CBD dans la régression tumorale observée.

Une revue publiée dans le British Journal of Pharmacology étude l’effet des cannabinoïdes sur les cancers du sein, de la prostate et des os, en s’appuyant sur des études in vitro et in vivo. Les résultats de cette étude montrent que l’activation du système endocannabinoïde peut inhiber la prolifération des cellules cancéreuses, réduire leur migration et induire l’apoptose. Dans certains cas,  il a même été remarqué une diminution de la croissance tumorale. Bien sûr, comme toujours, des recherches supplémentaires sont nécessaire pour évaluer l’utilisation des cannabinoïdes comme traitement potentiel du cancer.

Le CBD en accompagnement des traitements du cancer

Bien que le CBD ne puisse remplacer les traitements médicaux conventionnels, il est peut-être utilisé en complément pour atténuer certains effets secondaires :

  • La gestion des douleurs chroniques : le CBD pourrait aider à réduire certaines douleurs neuropathiques en interagissant avec le système endocannabinoïde.
  • La réduction des nausées et vomissements : des études indiquent que le CBD pourrait atténuer les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie.
  • L’amélioration du sommeil et de l’anxiété : le CBD pourrait aider certains patients à mieux gérer le stress et les troubles du sommeil liés à la maladie et aux traitements.

 

La prudence reste de mise

Le CBD doit toujours être discutée avec un professionnel de santé, surtout en cas de traitement en cours. En France, le CBD est autorisé sous certaines conditions, mais il n’est pas reconnu comme un médicament anticancéreux. Toute utilisation dans un cadre thérapeutique doit être encadrée par un avis médical.

 

Quels sont les effets secondaires possible ?

Bien qu’il soit généralement toléré, il peut provoquer certains effets indésirables.

  • Somnolence et fatigue : une consommation excessive peut entraîner une somnolence accrue.
  • Troubles gastro-intestinaux : diarrhées et nausées.
  • Sécheresse buccale : sensation de bouche sèche.
  • Diminution de l’appétit : une réduction de la sensation de faim.

 

Précautions à prendre en cas de cancer

Bien que le CBD puisse être utilisé en complément des traitements anticancéreux pour atténuer certains effets secondaires, son usage nécessite des précautions spécifiques,

Interactions avec les traitements anticancéreux

Le CBD peut influencer l’efficacité de certaines chimiothérapies et autres médicaments utilisés en oncologie, en raison de son action sur les enzymes hépatiques du cytochrome P450, impliquées dans le métabolisme des médicaments. Cette interaction peut entraîner :

  • Une augmentation des effets secondaires des traitements, notamment une toxicité accrue.
  • Une réduction de l’efficacité de certains médicaments, en modifiant leur concentration dans l’organisme.

Nous vous conseillons d’en parler avec un oncologue avant toute consommation de CBD, pour éviter une interférence avec le protocole thérapeutique.

Patients immunodéprimés et risques d’infection

Les personnes atteintes de cancer, en particulier celles sous chimiothérapie ou radiothérapie, peuvent être immunodéprimées. Or, certains produits à base de CBD, notamment les huiles et les fleurs, peuvent contenir des contaminants (bactéries, champignons, pesticides) susceptibles de provoquer des infections.

Problèmes hépatiques liés au cancer

Certaines formes de cancer, particulièrement ceux affectant le foie peuvent altérer la capacité de l’organisme à métaboliser les substances, y compris le CBD. Une consommation inadaptée pourrait aggraver des troubles hépatiques existants. Un suivi médical est indispensable pour ajuster les dosages et évaluer l’impact sur la fonction hépatique.

Effets secondaires accrus chez les patients fragiles

Les patients atteints de cancer peuvent être plus sensibles aux effets secondaires du CBD, notamment :

  • Une somnolence accrue, qui peut aggraver la fatigue liée aux traitements.
  • Une hypotension, qui peut poser un problème en cas de faiblesse ou de risque de chutes.
  • Des troubles digestifs (diarrhées, nausées), pouvant s’ajouter aux effets secondaires déjà présents des traitements anticancéreux.

Femmes enceintes et cancer : un cas extrêmement rare

Selon l’AP-HP, entre 0,05% à 0,1% des grossesses peuvent être concernées. Cela représente 1 à 2 cas pour 2 000 grossesses. Les types de cancers les plus diagnostiqués sont le cancer du sein, du col de l’utérus et les lymphomes. 

Dans ces rares cas, l’usage du CBD pose plusieurs inconnues, car il n’existe pas d’études suffisantes sur ses effets chez les femmes enceintes atteintes de cancer. Par mesure de précaution, il est recommandé d’éviter le CBD durant la grossesse. Toute décision concernant l’usage du CBD dans ce contexte exceptionnel doit impérativement être prise sous surveillance médicale stricte.

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Pourquoi choisir le CBD au lieu du THC ?

Ces deux composés sont tous deux issus du chanvre et du cannabis, initialement considérés comme des drogues

Les différences entre THC et CBD

Le tétrahydrocannabinol est aussi un cannabinoïde issu du cannabis et du chanvre. Mais contrairement au plant de chanvre CBD, il possède un effet psychoactif sur le cerveau humain. Sa consommation provoque souvent un effet euphorique d’où la sensation de “planer” qui lui est souvent associée. En effet, le tétrahydrocannabinol cible plus particulièrement les récepteurs du cerveau. Consommé à forte dose, ce composé naturellement en quantité abondante dans le cannabis peut provoquer de l’anxiété et parfois même des accès de paranoïa. 

Une question de législation

Le tétrahydrocannabinol n’est pas autorisé par les lois en vigueur à cause de son effet euphorisant et psychoactif. Le Sativex seul est autorisé en France depuis 2014 à raison d’une teneur de 2,7 mg de ce composé. Indépendamment du fait que des recherches ont pu démontrer un effet anticancéreux de ce composé, sa consommation est interdite sur le sol français.