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Quand on pratique le trail, on finit par connaître par cœur ce ballet de sensations : les quadriceps qui tirent dans les descentes, les mollets qui se durcissent dans les montées, les chevilles qui chauffent au fil des heures, et cette fatigue nerveuse qui s’installe quand le corps a déjà beaucoup donné. Après certaines sorties, on peut rentrer avec l’impression d’avoir “troqué ses jambes contre deux poteaux en bois”. Et la nuit qui suit ? Pour beaucoup, elle est hachée : jambes qui pulsent, système nerveux encore sous tension, esprit incapable de se poser.
Ce sont ces réalités du trail, entre plaisir et inconfort, qui poussent certains coureurs à chercher des moyens d’améliorer leur récupération : sommeil, douleurs, courbatures, retour au calme, préparation mentale…
Non, le CBD n’améliore pas la performance des traileurs
C’est important de le dire :
- Le CBD ne fait pas courir plus vite.
- Il n’augmente pas l’endurance.
- Il n’améliore pas la capacité à encaisser du dénivelé.
Peut-il aider sur la récupération ?
Il ne répare pas les fibres musculaires, ne fait pas disparaître une inflammation en une nuit, et ne remplace pas le repos, l’hydratation, la nutrition ou une bonne gestion de la charge.
En revanche, il pourrait réduire la perception de l’inconfort post-effort, sans pour autant accélérer la récupération musculaire réelle. [1] [2] Concrètement, pour un traileur, ça peut se traduire par :
- des courbatures ressenties comme moins envahissantes,
- une sensation de “jambes lourdes” qui s’atténue un peu plus vite,
- une mobilité retrouvée plus facilement le lendemain d’un bloc costaud,
- un mental un peu moins saturé, comme si le corps acceptait mieux le relâchement.
On est loin d’une récupération musculaire objectivement plus rapide, mais pour certains sportifs, ce gain de confort suffit déjà à rendre les lendemains d’entraînement plus vivables. Et en trail, où l’on peut passer 20, 30, parfois 40 kilomètres à composer avec le moindre inconfort, ce petit mieux peut finir par compter !
Et la gestion du stress avant une course ?
La veille d’un trail, il n’est pas rare que la tension monte : difficulté à trouver le sommeil, pensées qui tournent autour du parcours, de la stratégie ou simplement de l’inconnu. Même avec de l’expérience, cette phase pré-course peut rester un moment délicat à gérer. C’est dans ce contexte que certains coureurs s’intéressent au CBD. Non pas comme un remède au stress, mais comme un moyen d’atténuer cette agitation mentale. Quelques études évoquent une action sur la perception de l’anxiété et une facilitation du relâchement nerveux [3] [4]. L’effet, quand il existe, reste modéré : il ne “fait pas disparaître” le stress, mais peut contribuer à un état d’esprit plus posé en fin de journée.
Là encore, les réactions sont très individuelles. Certains y sont sensibles, d’autres non. Mais dans une discipline où le mental occupe une place importante, et où une nuit trop courte peut peser dès les premiers kilomètres, ce possible effet apaisant constitue une piste que de nombreux traileurs préfèrent au moins connaître.
Le tester avant un départ : une bonne idée ? Pas vraiment.
Même si le CBD n’a pas d’effet psychotrope, il peut provoquer chez certaines personnes un relâchement marqué : une vigilance légèrement atténuée, une réactivité un peu plus lente, un calme mental qui n’est pas toujours compatible avec un effort technique. Pris isolément, cela semble anodin. Sur un sentier exigeant, cela peut devenir problématique.
En trail, la qualité des appuis et la capacité à réagir rapidement aux irrégularités du terrain sont déterminantes. Racines, pierres instables, passages en dévers ou sols humides ne pardonnent pas une seconde d’inattention. Une baisse, même minime, de vigilance peut augmenter le risque d’erreur : mauvais appui, glissade, entorse.
C’est pour ces raisons que la plupart des coureurs qui utilisent du CBD le réservent généralement à l’après-effort ou au soir, et évitent de le consommer juste avant une course ou une séance technique.
Le CBD est-il considéré comme une substance dopante pour les sportifs ?
Il est autorisé en compétition mais le THC est interdit. Le problème, c’est que certains produits au CBD contiennent des traces de THC plus élevées que prévu, notamment lorsqu’ils sont mal filtrés ou issus de filières peu contrôlées.
Un coureur peut donc consommer un produit en pensant qu’il est “sans risque” et être positif au THC lors d’un contrôle. Les agences antidopage le rappellent : avec les cannabinoïdes, il n’existe pas de risque zéro. Par prudence, mieux vaut choisir des produits testés en laboratoire, vérifier l’absence de THC, et éviter d’en consommer avant une compétition susceptible d’être contrôlée.
Sources
[1] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10653658/
[2] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32632671/
[3] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6326553/
[4] https://www.frontiersin.org/journals/pharmacology/articles/10.3389/fphar.2023.1328885/full