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Le kief, c’est la poudre de trichomes qui se détache des fleurs de chanvre séchées. On la récupère par tamisage à sec, sans eau ni solvant, et on la garde telle quelle, sans la presser. C’est la matière de base du hash. Reste la question que tout le monde se pose : kief et pollen, est-ce la même chose ? Presque. La nuance tient à la forme et au tri.
Le kief en 30 secondes
- Ce que c’est : une poudre de trichomes, les petites glandes qui portent les cannabinoïdes et les arômes du chanvre.
- Son nom : de l’arabe kaif, « plaisir ». On écrit aussi kif ou keef.
- Sa récolte : par tamisage à sec des fleurs séchées, sans eau ni solvant.
- Kief ou pollen : la même matière. Le kief reste en poudre libre ; le « pollen » du commerce est souvent plus trié et légèrement aggloméré.
- En France : légal uniquement en version CBD, avec moins de 0,3 % de THC.
Le kief, c’est quoi exactement ?
L’Office québécois de la langue française le définit comme un extrait de cannabis à l’aspect de pollen, obtenu en séparant par criblage les trichomes de la plante. Autrement dit, c’est de la résine à l’état brut : ni pressée, ni transformée.
Les trichomes sont de minuscules glandes qui recouvrent les fleurs femelles du chanvre. Les chercheurs en distinguent trois types : bulbeux, sessiles et pédonculés. Selon une étude de l’Université de la Colombie-Britannique (2019), ce sont les pédonculés, en forme de petit champignon, qui produisent le plus de cannabinoïdes et de terpènes, les molécules qui portent les arômes.
À l’œil, le kief est une poudre fine et sableuse, du blond pâle au vert clair. Plus elle tire sur le vert, plus elle contient de débris de feuilles et de fleurs passés à travers le tamis.
D’où vient le mot kief ?
Le mot vient de l’arabe kaif, qui signifie « plaisir ». On le trouve sous plusieurs graphies : kief, kif, ou keef en anglais. Au Maroc, « kif » désigne d’ailleurs couramment la plante elle-même, cultivée depuis plus de cinq siècles dans la région de Ketama, qui a donné son nom à notre résine Ketama.
Le français a aussi gardé un sens littéraire, sans rapport avec le chanvre : dans le Larousse, le kief désigne un repos absolu au milieu du jour.
Comment récolte-t-on le kief ?
Sur une fleur séchée, les trichomes deviennent fragiles : ils se détachent dès qu’on secoue ou qu’on frotte la plante. Tout l’enjeu est de les séparer de la matière végétale. Il existe plusieurs façons de faire :
- Le tamis à la main. La méthode la plus ancienne, la plus répandue dans le monde arabe : on secoue les plantes séchées au-dessus d’un tamis. Les trichomes passent, les débris restent dessus.
- La boîte à tamis. Une boîte fermée, munie d’une grille fine : on y agite les fleurs, et la poudre se dépose au fond.
- Le tambour rotatif. Lancé en 1994 à Amsterdam par Mila Jansen sous le nom de Pollinator, il fait tourner les fleurs dans un cylindre grillagé pour récolter les trichomes en plus grande quantité.
- Le froid. La glace carbonique rend les trichomes très cassants et accélère leur séparation.
Dans tous les cas, plus la maille du tamis est fine, plus la poudre est propre. Le détail des étapes et des microns est dans notre guide du dry sift, et sa version affinée à l’électricité statique dans notre article sur le static hash.
Kief ou pollen : quelle différence ?
La confusion vient du vocabulaire. Il faut distinguer trois choses :
- Le vrai pollen est la poudre de grains reproducteurs produite par les plants mâles. Le « pollen » de chanvre vendu en boutique n’en est pas : ce sont des trichomes, issus de fleurs femelles. Il tient son nom de son aspect.
- Le kief est la poudre de trichomes à l’état brut : récoltée au tamis, laissée en poudre libre, avec plus ou moins de débris végétaux selon la finesse du tamis.
- Le pollen du commerce part de la même matière, en général plus triée, puis légèrement agglomérée sans pressage intensif. Il se présente en petits morceaux mousseux et friables, plutôt qu’en poudre qui coule entre les doigts.
Les deux mots désignent donc la même famille, et aucun texte officiel ne les distingue. En France, les boutiques parlent surtout de pollen ; « kief » est plus courant à l’international. Pour savoir ce que vous achetez, fiez-vous à l’aspect et à l’analyse du lot plutôt qu’au nom.
Voici comment le kief se situe face aux résines voisines :
| Matière | Comment on l’obtient | Forme | Texture |
|---|---|---|---|
| Kief | Trichomes tamisés à sec, sans autre étape | Poudre libre | Fine, sableuse |
| Pollen | Trichomes tamisés, souvent plus triés, puis légèrement agglomérés | Petits morceaux | Mousseuse, friable |
| Skuff | Tamisage à maille plus large, des feuilles et des fleurs | Poudre | Poudreuse, quelques débris végétaux |
| Hash pressé | Kief ou pollen compacté, souvent à la chaleur | Bloc ou plaque | Dense, plus ou moins dure |
| Ice-o-lator | Trichomes séparés à l’eau glacée | Grains | Grasse, granuleuse |
Le kief est la base du hash de CBD : une fois pressé, il devient un bloc. Le pollen de CBD en est la version légèrement agglomérée, et l’ice-o-lator un cousin extrait à l’eau glacée plutôt qu’à sec.
Le kief CBD est-il légal en France ?
- Le kief au THC est un stupéfiant. Sa vente et sa détention sont interdites en France.
- Le kief de chanvre est légal s’il contient moins de 0,3 % de THC (arrêté du 30 décembre 2021) et provient d’une variété inscrite au catalogue européen.
Comme pour toute résine, méfiez-vous des poudres enrichies en molécules de synthèse, comme le HHC, le THCP ou le H4CBD, classées comme stupéfiants (voir notre point sur les cannabinoïdes interdits). Le bon réflexe : demander l’analyse en laboratoire du lot et savoir lire un certificat d’analyse.
Et chez Green Owl ?
Vous ne trouverez pas de produit nommé « kief » dans notre catalogue, mais deux résines en sont très proches :
- Skuff CBD : une poudre tamisée à maille large, jamais pressée. C’est la forme la plus proche du kief brut, avec quelques débris végétaux.
- Pollen 50 % : des trichomes tamisés puis légèrement agglomérés, à la texture mousseuse et friable, avec un taux de CBD indicatif de 50 %.
Ces deux résines sont analysées par un laboratoire indépendant, comme le reste de nos résines de CBD.
Comment conserver le kief ?
En poudre fine, le kief offre beaucoup de surface à l’air, à la lumière et à la chaleur, qui dégradent ses arômes. Gardez-le dans un contenant hermétique et opaque, au frais et au sec. Les règles sont les mêmes que pour conserver une fleur de CBD.
Ce qu’on nous demande souvent
Kief, kif ou keef : quelle orthographe ?
Les trois existent. L’Office québécois de la langue française et l’Académie française retiennent « kief », l’Académie admettant aussi « kif ». « Keef » est une graphie anglaise.
Quelle différence entre kief et skuff ?
Le mot skuff n’a pas de définition fixe. Chez Green Owl, il désigne une poudre tamisée à maille plus large, issue des feuilles et des fleurs : elle garde plus de débris végétaux et une couleur plus verte.
Le kief est-il plus concentré que la fleur ?
En général oui, puisqu’il rassemble les trichomes sans le reste de la plante. Mais aucun chiffre fiable ne permet de généraliser : tout dépend de la variété et de la finesse du tamisage. Seule l’analyse du lot donne le taux réel.
Sources
- Fiche « kief », Grand dictionnaire terminologique (Office québécois de la langue française)
- Définition de « kief », Dictionnaire Larousse
- « Kief », Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition
- Étude sur les trichomes glandulaires du cannabis, Université de la Colombie-Britannique (2019)
- Article « Haschich », Wikipédia
- Arrêté du 30 décembre 2021 sur le chanvre et le seuil de 0,3 % de THC (notice de l’OFDT)
- Article R5132-86 du Code de la santé publique (Légifrance)